Entrée 15 du journal





Retour au bercail


Qu’il est bon de retrouver sa maison ! Bien aimée oisiveté, je te retrouve enfin ! Ce journal m’a manqué. Je savais que j’aurais dû le prendre avec moi lorsque j’ai quitté la ville.

Ces derniers temps, j’ai tellement voyagé, combattu, travaillé, que je n’ai pas eu un instant de répit. Il n’est pas simple d’assumer de hautes responsabilités. Je regrette presque le temps où chaque jour se ressemblait à l’abri des grandes murailles de ce bon vieux Promontoire. 

D’un autre côté, c’est très valorisant et tellement plus intéressant. Il est si bon de se sentir utile !

Je commence à saisir toute la saveur d’une vie faite d’aventure. Depuis ces derniers mois, j’ai passé mon temps à combattre les centaures de la région afin d’aider les séraphins à conserver leurs avant-postes. J’ai également participé à des escarmouches dans les collines de Kesse contre les Kraits.

D’un autre côté, j’ai lutté contre la menace constante des pirates qui occupent une partie des plaines de Gendarran. Là-bas aussi il y a des centaures… je n’en peux plus de les voir. J’espérais secrètement qu'il existait quelques centaures non-hostiles, mais non... ils sont malveillants, sans exception! Cela dit, j’ai pu apprendre en me rendant sur la côté ternie, que les sylvaris obéissent à un code inscrit sur d'anciennes plaquettes en pierre, écrit par un centaure du nom de Ventari. C’était il y a deux siècles, certes, mais cela rend imaginable que certains centaures aient de bons côtés. Pour moi, ce sont malgré tout d’éternels ennemis.

Quand on voyage dans les autres contrées de Tyrie, on s’aperçoit par ailleurs que chaque peuple semble avoir son lot de problèmes et ses ennemis récurrents. Les norns se battent essentiellement contre les couvegivres (d’autres norns ayant été corrompus par l’influence de Jormag le dragon ancestral des glaces). Les asuras et les sylvaris font face aux dangers venus d’Orr. Les morts vivants venus de là-bas sont tout simplement terrifiants. S’ils vous tuent, vous devenez l’un d’eux et en même temps un esclave de Zaithan. Il y a de quoi s’en méfier, et c’est d’ailleurs pour cela que les ordres tyriens travaillent d’arrache-pied afin de trouver des moyens d’anéantir ce fléau. Le problème reste de trouver les points faibles des serviteurs de Zaithan et d’utiliser intelligemment la magie contre eux.

Plus loin à l’est, les charrs poursuivent leur guerre fratricide contre la Légion de la Flamme et contre les fantômes d’Ascalon. J’ai pu constater l’ampleur de la situation en me rendant sur place. Jusqu’à mon séjour à la Citadelle Noire, j’avais une vision très étriquée sur les charrs. Je les voyais tels qu’ils m’étaient décrits : rustres, sauvages, agressifs et inamicaux. Ceci expliqua ma tentative d’éviter tout contact avec eux pendant de longues années. Aujourd’hui par expérience, je m’aperçois qu’il faut toujours vérifier soi-même les récits des autres, surtout lorsqu’un jugement de valeur fait partie de l’équation (On croirait entendre parler une de mes amis asuras… je crois que je les fréquente trop…).

De fait, j’ai constaté que les charrs n’étaient pas ce qu’ils paraissaient, enfin, pas tous. De toute évidence, il faut se montrer solide et fiable quand on s’adresse à l’un d’eux. La loyauté est également un principe fort qui régit la vie au quotidien.  Il va de soi que je parle des charrs des légions des cendres, du sang et du fer. Les charrs de la Légion de la Flamme sont quant à eux hostiles et très dangereux depuis leur alliance avec le dragon ancestral du feu Primordius et l’avènement de Gaheron Feu-de-Bael au rang de dieu.

Encore plus à l’est (du côté de Noirfaucon), les hommes et les charrs éprouvent de grandes difficultés à s’entendre malgré le traité de paix mis en place par la reine Jennah. Des séparatistes tentent de mettre à mal un équilibre durement gagné, alors qu’en parallèle chacun doit se défendre des créatures stigmatisées. C’est une forme de corruption créée par la magie chaotique de Krallkatorrik, un autre dragon ancestral qui n’a laissé dans son sillage que malheur et dévastation. 

Le tableau semble bien noir quand on énumère ainsi les dangers de ce monde, mais au final il y a encore de belles choses. C’est pour ces choses qu’il faut se battre et ne pas relâcher les efforts.

Pour ma part, j’ai jusqu’ici contribué au mieux au maintien de la paix. J’ai passé mon temps à aider de parfaits inconnus dans l’espoir de rendre le monde meilleur. Sans cela, je n’aurais sans doute jamais découvert l’étendue de mes pouvoirs qui, par l’expérience et la volonté, n’ont fait que croitre.

La nécromancie me réserve sans doute quelques surprises bien que j’en maitrise l’essentiel. C’est pourquoi je reste humble. L’excès de confiance aveugle et rend vulnérable. Je l’ai constaté auprès de nombreuses personnes, qu’elles fussent charr, norn, asura, sylvari ou humaines…

En ce moment, l’heure est au repos. Un grand combat m’attend sur le royaume émergé d’Orr, où mes alliés préparent un assaut contre Zaithan.

Au fil de mes aventures, j’ai également retrouvé ma sœur. Son retour fut très stimulant. Je ne remercierai jamais assez Logan Thackeray de m’avoir aidé et accordé sa confiance. Aujourd’hui je profite de tout ceci car j’ignore de quoi demain sera fait...

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